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Publié le  Lecture 12 mins

Sulfamides hypoglycémiants : pourquoi tant de défiance ?

Jean-Louis SCHLIENGER*, Louis MONNIER**, *Faculté de médecine, Université de Strasbourg, **Université de Montpellier, Institut universitaire de recherche clinique, Montpellier

La palette des antidiabétiques oraux (ADO) s’est fortement étoffée en ce début de siècle, imposant de faire un choix raisonné fondé sur l’efficacité, le risque et le coût, quitte à écorner la suprématie du duo metformine (MTF)-sulfonylurée (SU). Si la MTF tire bien son épingle du jeu face aux feues glitazones, aux gliptines, aux analogues du GLP1 et aux gliflozines, il n’en est pas de même pour les SU qui sont décriés en raison du risque d’hypoglycémie et de la moindre sécurité cardiovasculaire(1). Appartenant à une génération nourrie aux bienfaits des SU et ayant quelques réticences à accepter argent comptant l’attitude des « modernes » visant à proscrire cette classe d’hypoglycémiant au prétexte qu’il est désormais possible de faire baisser la glycémie sans provoquer ni hypoglycémie ni prise de poids, il nous a paru intéressant de reprendre le dossier des SU sans passion et sans perdre de vue que tout doit être entrepris pour réduire le risque cardiovasculaire (CVX), première cause de mortalité dans le diabète de type 2 (DT2). Les SU répondent-ils tellement moins bien que leurs nouveaux challengers à cette priorité ?

Bref historique L’histoire des sulfamides débute en 1942 à Montpellier lorsque le clinicien Marcel Janbon attribue le décès de patients atteints de fièvre typhoïde traités à titre expérimental par un sulfonamide à la survenue d’hypoglycémies sévères et prolongées. Saisi par son collègue, le...

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